Bonne nouvelle : l’intuition n’est pas un don. Mais, pour qu’elle puisse s’épanouir, il est bon de l’entretenir. Comme un jardin. Autour de quatre problématiques courantes, nous vous proposons des exercices pour la faire grandir peu à peu.
« L’intuition n’est pas réservée à quelques privilégiés, mais une capacité que nous avons tous », assurent David O’Hare, spécialiste de la cohérence cardiaque, et Jean-Michel Phild. Connaissance de soi, elle se cultive. Avec, d’abord, un outil : la cohérence cardiaque. Cette méditation, simple et accessible, favorise l’accès à l’inconscient et aux émotions en augmentant le nombre des ondes alpha cérébrales. En régulant le cortisol, elle réduit aussi notre niveau de stress, permettant une meilleure observation de soi. Entraînez-vous trois à quatre fois par jour, tous les jours, pendant cinq minutes.
Asseyez-vous au calme, avec une montre qui décompte les secondes. Commencez par une expiration profonde : le système nerveux parasympathique donne l’ordre de détente, le cœur ralentit. Inspirez ensuite pendant cinq secondes : le système nerveux sympathique est stimulé, le cœur accélère. Puis expirez durant cinq secondes. Et recommencez. Lorsque votre respiration complète dure dix secondes, vous respirez six fois par minute et accordez ainsi cœur et poumons. Vous voici dans un état de conscience élargi, calme et attentif, idéal pour faire les exercices suivants.
Comment prendre une décision
Imaginez que le choix est fait, irrévocable. Projetez-vous dans les minutes, les heures, les jours qui suivent. Attention, si vous hésitez (dire oui ou non, y aller ou pas…), n’envisagez qu’une seule possibilité par exercice. Le message doit être clair, non brouillé par des émotions mixtes. Pour tester une autre option, attendez un autre jour. Faites maintenant un autoscanner : explorez votre corps lentement, de la tête aux pieds, à la recherche des blocages.
« Notez les différences de chaleur, de pression. Laissez sentiments, émotions et pensées émerger doucement », reprennent David O’Hare et Jean-Michel Phild, qui recommandent une attention particulière aux sept chakras : « Le sommet de la tête, celui de la conscience ; entre les sourcils, celui de la vision ; la gorge, celui la communication ; le coeur, siège de l’amour, de la joie et de la compassion ; le plexus solaire, en lien avec la peur et l’intuition ; le sacrum, celui de la reproduction ; et le périnée, celui de la fuite, du combat, de la force de vie et des besoins fondamentaux. »
Comment vous sentez-vous ? Soulagé ou angoissé ? Heureux ou inquiet ? Vous avez votre réponse… Pour revenir à un état neutre, terminez par un exercice de cohérence cardiaque.
Comment se faire un avis sur quelqu’un
Vous avez déjà pris une décision que vous saviez mauvaise. Par quelles sensations corporelles cela s’est-il manifesté ? Était-ce dans la gorge, le coeur, le ventre ? Lorsque vous retrouvez quelqu’un que vous aimez, en qui vous avez confiance, posez-vous la même question. À force, vous parviendrez à identifier vos premières impressions et comment votre corps vous parle.
Vous pouvez aussi affiner vos capacités de perception. Nous avons en effet trois façons d’appréhender le monde : 65 % d’entre nous sont visuels, préférant une image à mille mots ; 30 % sont auditifs, privilégiant la communication ; et 5 % sont kinesthésiques, se fiant plus au toucher, au mouvement. Lorsque nous rencontrons quelqu’un, nous nous parlons, créons des images et sentons les choses.
Pour être les trois à la fois, faites cet exercice régulièrement : assis au calme, listez tout ce que vous voyez autour de vous (couleurs, mouvements…). Puis ce que vous entendez (sons proches, lointains…). Enfin, ce que vous sentez (le poids de votre corps, le moelleux du coussin…).
Avec l’habitude, vous pourrez faire rapidement le tour des trois sens, à n’importe quel moment.
Comment aider son enfant à se faire confiance
Apprendre aux enfants à développer leur intuition, c’est d’abord les rendre attentifs aux coïncidences. Aussi appelée par Carl Gustav Jung « phénomène synchronistique », une coïncidence est la survenue simultanée d’une pensée et d’un événement, sans raison ni lien de causalité. Invisible pour les autres, elle a un sens pour celui qui la perçoit. Par exemple : « Je pensais à inviter mon copain Léonard à mon anniversaire quand sa maman a téléphoné. » Surprenantes, souvent cocasses, les synchronicités sont aussi réconfortantes, car, contrairement aux pressentiments, qui nous avertissent d’un événement à venir, elles viennent confirmer une décision, nous donner confiance.
À chaque coïncidence, David O’Hare et Jean-Marie Phild vous suggèrent de passer quelques minutes à vous demander avec votre enfant « si elle est une réponse à une interrogation, à une orientation à prendre », puis de remercier (la mère de Léonard, votre guide intérieur…). Pour développer sa vigilance, ancrer ses souhaits et leur donner vie, vous pouvez demander à votre enfant de noter les décisions qu’il hésite à prendre et les synchronicités qu’il observe.
Comment cerner son désir
Le GPS de l’intuition  est un outil créé par Dominique Vaudoiset, consultante en ressources humaines et coach. Son but : générer une véritable partie de ping-pong entre nos cerveaux gauche (celui de la logique) et droit (celui de la créativité). Selon notre éducation et notre caractère, nous utilisons davantage un hémisphère que l’autre. Or, depuis l’enfance, notre « société de cerveau gauche » nous a appris à structurer nos idées en plans, à les caser dans des paragraphes. Formatés que nous sommes à penser toujours selon les mêmes processus, nous sommes souvent incapables d’y insuffler de l’inédit. Pour recontacter sa fantaisie, dévoiler le sens caché d’un sujet, d’un projet, d’un problème, s’installer au calme avec des feuilles blanches et des crayons de couleur.
Choisir le sujet que l’on veut éclaircir. Au centre d’une feuille, l’écrire dans une bulle. Puis noter sur une branche, sans se censurer, sans avoir peur de se répéter, tous les mots qui passent par la tête. J’inscris le mot « travail », cela me donne ainsi : « bureau », « camarades », « apprendre », « écrire »… Lorsque la branche est pleine, revenir à la bulle centrale et continuer. Si l’on sèche, le marquer d’un « euh… » et répéter le mot de départ pour mieux repartir.
Maintenant, retour au cerveau gauche pour décoder sa carte arborescente. Repérer les mots qui ont la même racine étymologique ou qui se répètent. Sur ma feuille, je remarque : « apprendre » et « apprentissage ». Les entourer au crayon de couleur et relier les bulles entre elles. Colorier l’espace ainsi délimité. Surprise ! Je n’aurais pas pensé qu’il y ait tellement de « joie » dans ma définition du travail !
Sur un papier à part, inscrire ces mots, avec, en face, les autres « mots bulles » présents dans la couleur. Dans le rouge de mes « joie » (quatre occurrences) apparaissent « écoute » (en vert), « rencontre » (en orange) et « écriture » (en bleu). Assemblés, ils forment des associations inédites.
« Leur emplacement sur la feuille est aussi porteur de sens, décode Dominique Vaudoiset. À gauche, le passé, en haut, le conscient, à droite, l’avenir, en bas, l’inconscient. » À chacun de trouver ses propres significations. Accrocher la carte sur son réfrigérateur ou sur un miroir, et regarder ce qui émerge au fil des jours. Cette méthode aide à trouver ses mots-clés, au plus près de soi, hors des sentiers battus de la pensée binaire.
Source : www.psychologies.com Cécile Guéret